• Dépérissement

     "Il faut imiter la modestie de la nature."

     Leon Battista Alberti L'art d'édifier (1485) 

    En recherchant la beauté, l'harmonie entre ordre et désordre, force et faiblesse on se tourne vers la nature pour l'observer.

    Le regard scientifiques des chercheurs sur la nature est celui du respect et de la distance, de l'écoute et de la compréhension. Lorsque Nicolas Martin, m'a parlé du chêne vert de méditerranée, j'ai entendu une description qui aurait pu être celle d'un homme et les images qui me sont venues à l'esprit m'ont alors parues belles et universelles, où l'homme et l'arbre se retrouvent face à une seule problématique, celle de la vanité du monde.

    Le chêne vert méditerranéen est une espèce emblématique de sa région mais il est menacé par la sécheresse. Le dépérissement du chêne en méditerranée ou du hêtre à Fontainebleau modifie le paysage, perturbe la cartographie des forêts françaises.

    Les arbres soumis à un stress hydrique risquent de mourir de faim par manque de carbone dû à la fermeture de ses stomates réagissant à la chaleur, ou de soif par manque d’eau provoquant des embolies au niveau de ses canaux de circulation. Les causes précises du dépérissement des arbres sont souvent difficilement reconnaissables, une cause en entraînant une autre de manière concomitante.

    Les chercheurs s'intéressent aussi et en particulier à l'adaptation de ces arbres face à ces sécheresses qui interviennent de plus en plus fréquemment et intensément depuis une petite décennie.

    Les arbres s'adaptent et produisent, par exemple, des racines plus longues et plus fines, les cimes se dégarnissent de leurs feuilles, le bas du houppier devient plus fourni. Ces modifications de la morphologie de l'arbre interviennent à l'échelle de l'individu. Un arbre affaibli une fois, devient de plus en plus vulnérable et malgré son adaptation, il garde en lui une mémoire traumatique qui le rendra plus faible à la sécheresse suivante jusqu'à provoquer sa mort.  Seul les plus forts résistent et l'espèce s'adapte génétiquement.

    A l'échelle du paysage, et dans une temporalité plus large les forêts vont migrer et disparaître de certaines régions, les désertifiant.

    Malgré cette vulnérabilité, l'adaptation de l'espèce est réelle et la force de résistance, presque de résilience de chaque individu trouvant à chaque fois des manières de répondre et de contrer les diverses agressions d'origines naturelles et anthropiques n'a de cesse de nous surprendre et de nous émerveiller.

    C'est cette beauté et cette force visible de manière encore plus évidente par cette fragilité propre aux espèces dépérissant que je tente de rendre compte à travers mes dessins, peintures et gravures.

    Le papier, le bois, le crayon, l'encre ne sont que les fruits transformés par l'homme de ces arbres et qui me servent d'outil pour ma propre création.

    Il ne s'agit pas ici de dessins d'observation dans la nature, j'ai choisi d'utiliser comme source de mon travail les images des scientifiques : des photographies numériques. Le cadrage et le point de vue de ces images sont ceux de ces chercheurs et étudiants. Mon travail plastique s'élabore ainsi par méandre, tel une planche de recherche composée de croquis scientifiques mais à une plus grande échelle de manière à embrasser le spectateur par le format et l'espace à  l'image de l'expérience physique que l'on pourrait avoir dans une forêt ou à l'échelle plus restreinte de la page, comme un échantillon de la nature à observer plus précisément, tel que le rapport intime que l'on a avec une feuille tombée et que l'on ramasse.

    La complexité et la richesse des recherches des scientifiques qui sont à la source de ma pratique me paraissent intarissables et les œuvres présentes ici ne sont que les prémisses d'un projet qui ne peut s'inscrire que dans la durée.

    Ce travail est réalisé en collaboration avec Nicolas Martin, Docteur de l'Université de Montpellier, dans le département Ecologie fonctionnelle et évolutive (UMR CEFE) et chercheur  à l'Université Paris-Sud Orsay. (Ecology, Systematic & Evolution, Department of Plant Ecophysiology).

     

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    Chêne vert soumis à un stress hydrique. Crayon sur papier. 150 x 220. 2012.

     

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    Forêt de chêne vert, domaine de Puèchabon, Languedoc-Roussillon. Crayon sur papier. 29 x 42 cm. 2013.

     

     

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    Déraciné. Acrylique sur toile. 100 x 150. 2012

     

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    Chêne vert gravé dans le bois. #1. Contreplaqué japonnais gravé et encré. 22,5 x 30 cm. 2013.

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    Chêne vert gravé dans le bois. #2. Contreplaqué japonnais gravé et encré. 22,5 x 30 cm. 2013.

     

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    Chêne vert gravé dans le bois. #3. Contreplaqué japonnais gravé et encré.

    22,5 x 30 cm. 2013.

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    Chêne vert méditerranéen. Gravure sur bois. 29 x 42 cm. 2013.

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    Chêne vert dépérissant #1.  Gravure sur bois. 29 x 42 cm. 2013.

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    Site de recherche. Aquarelle sur papier. 84 x 32. 2012

     

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    Dépérissement du hêtre dans la forêt de Fontainebleau. #1

     

    Encre de chine sur papier. 220 x 150 cm. 2012.

     

     

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    Dépérissement du hêtre dans la forêt de Fontainebleau. #2

     

    Encre de chine sur papier. 220 x 150 cm. 2012.

     

     

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    Dépérissement du hêtre dans la forêt de Fontainebleau. #3

     

    Encre de chine sur papier. 220 x 150 cm. 2012.

     

     

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